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Sortie de crise en 2009 ? Les Réponses de M Christian Noyer
Les plans de relance décidés par les Etats sont une des raisons permettant d'espérer une sortie de crise vers la fin de l'année, estime Christian Noyer, le gouverneur de la Banque de France.
Invité d'une émission diffusée samedi sur France Culture, Christian Noyer, par ailleurs membre du Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne, s'est aussi montré rassurant sur l'état du système financier en France et a exclu un éclatement de la zone euro.
"Les plans de relance sont une des raisons pour lesquelles nous espérons avoir une sortie de crise économique assez rapide," a-t-il déclaré en délivrant un satisfecit aux mesures annoncées en France.
"Il y a plusieurs raisons qui nous font penser qu'il n'est pas déraisonnable d'espérer sortir de la récession d'ici la fin de l'année et avoir à nouveau une croissance positive en fin d'année et l'année prochaine en moyenne," a-t-il ajouté.
Comme autres facteurs, il a cité la baisse de l'inflation qui relance le pouvoir d'achat et soutient la consommation, et la politique monétaire des banques centrales, qui ont baissé leurs taux d'intérêt et abreuvé le marché en liquidités pour que les baisses de taux se transmettent à l'économie réelle. "On en voit les effets d'ores et déjà dans l'économie," a-t-il souligné.
RETOUR À LA DISCIPLINE BUDGÉTAIRE Christian Noyer a jugé que le plan de relance français, d'un montant de 26 milliards d'euros, soit 1,3% du produit intérieur brut, aurait un impact rapide puisque concentré sur des projets prêts à être mis en oeuvre. "De notre point de vue, c'est un plan de relance qui doit avoir un effet assez fort sur la remontée de la production, donc de l'emploi," a-t-il dit. Le gouverneur a insisté sur la nécessité de coordonner les plans de relance dans le monde et ensuite, une fois la récession passée, de remettre de l'ordre dans les finances publiques. "Il est tout à fait légitime dans une période de très grand ralentissement économique, en l'espèce une période de récession, que les Etats modifient leur politique budgétaire pour relancer la machine," a-t-il fait valoir. Mais le risque, a-t-il dit, est que les citoyens doutent de la capacité des Etats à se désendetter ensuite et se mettent à épargner dans l'anticipation d'augmentations d'impôts. "Il faut que les Etats assez rapidement aient un discours très clair sur la façon dont les finances publiques se rééquilibreront, c'est très important pour donner confiance au consommateur," a souligné Noyer. Interrogé sur la situation en France, il a réaffirmé que le système financier y avait moins souffert qu'ailleurs et a souligné qu'il n'y avait pas d'effondrement du crédit. Christian Noyer a enfin exclu que les difficultés budgétaires de pays comme la Grèce, l'Irlande ou l'Espagne puissent conduire à un éclatement de la zone euro. "De mon point de vue la solidité de la zone euro est entière, il n'y aucun risque que les difficultés actuelles, même les difficultés budgétaires et donc de signature sur les marchés de certains pays, se traduisent par un affaiblissement de la zone euro," a-t-il déclaré. "La sortie de la zone euro est impensable, elle aurait des conséquences qui seraient dramatiques pour le pays qui le fait, donc personne n'y songe".
Il a demandé aussi de "raison garder" face au risque d'un déclassement de la note de l'Espagne par les agences de notation. "En langage de collégien, ce serait passer d'une note de 20/20 à 18/20, on n'est pas encore au stade du redoublement," a-t-il nuancé. |