|
Lancement des pôles de compétitivité, création de l’Agence de l’innovation industrielle, création d’Oséo-ANVAR, autant d’initiatives récentes qui témoignent d’un renouveau de la politique industrielle.
Pourtant, les années 80 et 90, avec les privatisations et le développement des politiques de concurrence et de dérégulation, avaient marqué la fin d’une certaine politique industrielle à la française, caractérisée par des grands programmes et une intervention de l’Etat associant recherches publiques, commandes publiques et entreprises publiques.
Aujourd’hui, le développement de la concurrence mondiale avec les menaces de délocalisations, la désindustrialisation que connaît la France depuis de nombreuses années et, surtout, la faiblesse de l’innovation dans les secteurs de haute technologie ont conduit les pouvoirs publics à proposer un ensemble de mesures visant à favoriser les coopérations entre tous les acteurs, publics et privés, de l’innovation industrielle.
Les grands axes de la nouvelle politique industrielle

Vérification de microprocesseurs chez Matra micro-informatique.
© La Documentation française. Photo : Claude Caroly |
Un certain nombre de caractères communs se retrouvent parmi les différentes initiatives :
• l’accent est d’abord mis sur l’innovation dans les secteurs de haute technologie, et non sur l’ensemble des activités industrielles ;
• les partenariats constituent une dimension essentielle exigée des projets qui se développeront avec l’aide des pouvoirs publics ; partenariats entre industriels et chercheurs, ce qui est assez classique, mais aussi partenariats entre PME et grandes entreprises et, surtout, entre domaines d’activités différents ; en effet, l’innovation ne résulte plus seulement d’une hyper-spécialisation dans un domaine mais d’une rencontre et d’une hybridation entre domaines différents ;
• la dimension spatiale est aussi fondamentale, sous un double aspect. Toutes les initiatives ont retenu les leçons des « clusters » (Silicon Valley, Bangalore en Inde) qui rassemblent sur une même aire géographique des entreprises complémentaires (clients et fournisseurs), des institutions publiques ou privées (recherche, enseignement) afin de créer des effets de réseaux et des externalités positives donnant à l’activité des avantages compétitifs dans la concurrence mondiale. Mais un autre objectif s’ajoute en France, pour les pôles de compétitivité, avec la politique d’aménagement du territoire et l’implication, forte et volontaire, des collectivités locales.

Entreprise de chaudronnerie plastique.
© La Documentation française. Photo : François-Xavier Emery |
On distingue aujourd’hui les quatre dispositifs suivants :
• regroupement des différents instruments de soutien aux PME dans la société anonyme Oséo-Anvar ; le groupe Oséo-Anvar a été créé en 2005 en réunissant les compétences de la BDPME, de l’Anvar et du GIE Agence des PME pour agir comme soutien à l’innovation, financement et information des PME.
• création de l’Agence nationale de la recherche (ANR) en février 2005, cette Agence étant chargée de soutenir les recherches fondamentales et appliquées et de contribuer au transfert des résultats de la recherche publique vers les entreprises.
• création de l’Agence pour l’innovation industrielle (AII) en août 2005, à la suite du rapport Beffa. Comme l’effort de RD et d’innovation est aujourd’hui trop concentré sur des secteurs de faible technologie, davantage soumis à la concurrence, il est nécessaire de réorienter l’industrie vers les hautes technologies en lançant de grands «programmes mobilisateurs» pilotés par les grandes entreprises et associant de nombreuses petites et moyennes entreprises et laboratoires de recherche (automobile propre, mobile 4G, TGV nouvelle génération). L’Agence, dotée d’un milliard d’euros lors de sa création, a pour mission de susciter, de sélectionner et de financer ces grands programmes d’innovation industrielle.
• Les pôles de compétitivité, avec leur dimension régionale, ont réellement vu le jour lors du Comité interministériel pour l’aménagement du territoire (CIADT) du 12 juillet 2005 puisque 67 projets ont reçu le label. 1,5 milliards d’euros sur trois ans seront dédiés par l’Etat à ces pôles qui bénéficieront aussi d’exonérations fiscales et d’allègements de cotisations sociales. Les trois agences créées participeront au financement des pôles de compétitivité.
sources : La documentation Française
consulter l' intégralité de l' article
|